Vivre nos différences dans la liberté et le respect

http://www.beraudy.com/web/p01-collections-25.html

Source: http://www.beraudy.com/web/p01-collections-25.html

Si ÉCR est pour faciliter le « vivre ensemble », pourquoi interdire les signes religieux dans l’espace public. Serait-ce que ce « vivre ensemble » est une assimilation vers un adogmatisme insipide? Il est temps que l’État nous laisse vivre nos différences dans la liberté et le respect…

Promouvoir le « soyons tous pareils »

On veut empêcher les employés de l’État de porter des croix mais on veut que l’école favorise le « vivre ensemble ». Lorsqu’il est question d’interdire tout symbole religieux dans l’espace public, on est en train de dire à tout le monde : « Soyons tous pareils! ». Comme le dirait Ron, apprendre à vivre ensemble signifie « accepter les différences et non niveler toutes les différences ».

Poussons la bêtise plus loin

Si l’État ne veut pas de signes distinctifs à « consonance » religieuse, pourquoi ne pas empêcher les gens de porter des vêtements bleus, rouges ou oranges (1)? Pourquoi pas? Ces couleurs représentantes des allégeances politiques. Puisque nous sommes ici pour s’amuser sérieusement, poussons encore la bêtise plus loin. Pourquoi ne pas empêcher les gens de porter des vêtements signés? Ils mettent en valeurs un nom plutôt qu’un autre, ils favorisent la compétition. Serait-ce que l’État soit obligé de fournir des uniformes à tous ses employés et en interdire tout autre accessoire? Si c’est le cas, l’État prend encore trop de place.

Différencier croyances et compétences

Dans une société civique, ce qui est essentiel, c’est la qualité des services que l’on reçoit, la courtoisie, le professionnalisme, etc. Je ne changerai pas de ligne si la caissière porte un symbole bouddhiste à son cou, même si ce n’est pas conforme à mes croyances. Ce que je m’attends de la caissière, c’est qu’elle soit courtoise, efficace et compétente. En ce qui concerne ses croyances, elle aura à en rendre compte à Dieu, pas à l’État, ni au client.

Concept d’offense

Quel mal y a-t-il à porter une croix? Si tu ne crois pas en Jésus, en quoi quelque chose qui n’existerait pas peut te scandaliser? Je suis d’accord que les symboles reliés à la haine, à la destruction, à l’asservissement ou au racisme doivent être bannis : tolérance zéro, c’est clair. À moins de porter un uniforme règlementé, interdire l’identification religieuse est contraire à la liberté. Le port d’une croix est loin d’être offensant, il est un symbole de réconciliation. On peut parler d’offense envers un contribuable, si un employé de l’État évangélise durant ses heures de travail, ça c’est différent. Nous ne le payons pour ce travail.

Adogmatisme insipide : destination néant

Pour permettre à ce débat de se dénouer, nous devons sortir de l’axe nationaliste-multiculturalite. Ce ne sont pas deux réalités en oppositions, ils sont tout simplement mal positionnées. Les Québécois ont besoin, dès la première année du primaire de connaître leurs racines et comprendre la foi qui animait ceux qui sont venus en Nouvelle-France. Par ailleurs, l’État doit aussi laisser les gens exprimer ce qu’ils sont. La mondialisation de la culture ne contribue qu’à conformer les peuples à une culture commune dénuée de sens et de vérité. Tant qu’ils sont respectueux de notre héritage, laissons les gens libres de s’exprimer. Pour l’instant, ça ne semble pas possible puisque le gouvernement Libéral s’entête à promouvoir un « vivre ensemble » favorisant le multiculturalisme. Tant qu’ÉCR ne sera pas offert en option aux parents, l’État va favoriser une vision du monde déracinée de son histoire, excluant la liberté comme valeur publique. Si je comprends bien, la seule façon de vivre ensemble aujourd’hui est de nous priver de nos libertés pour laisser l’État nous instruire dans sa vision du monde « adogmatique » insipide, destination : néant…

Question du jour

Est-ce que le port de symbole religieux non haineux devrait être interdit chez les employés de la fonction publique?

Éric Lanthier, M. Éd.

Ex-membre du Conseil supérieur de l’éducation (2)

1. Voir les propos du blogueurs à ce sujet sur :
http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/282807/libre-opinion-sociologie-du-vetement-101 dans la section commentaires (18 février 2010).

2. Ces propos n’engagent ni le Conseil supérieur de l’éducation, ni ses membres actuels, ni ses ex-membres.

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