Dynamiser le milieu scolaire québécois, réalité d'une volonté politique

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Le faible taux de participation aux élections des commissaires démontre que le concept actuel ne répond ni aux besoins des enfants, ni à ceux des parents.

Cure minceur

Pour être efficace et pour contrer le décrochage scolaire, le ministère de l’éducation a intérêt à réduire les pouvoirs Étatiques. C’est la seule avenue réaliste et réalisable. Pour y arriver judicieusement, le ministère a intérêt à dynamiser l’autorité des parents en milieu scolaire.

Rôle des parents : choisir

Pour avoir dirigé une école pendant quatre ans, il est clair que les parents ne peuvent pas se mêler de chacun des détails reliés à la gestion d’une école. Par contre, les parents doivent être ceux qui :
• votent de l’orientation de l’école;
• approuvent le projet éducatif;
• se prononcent sur une liste de cours au choix.

En ce qui concerne ce dernier point, le ministère de l’éducation, du loisir et du sport (mels) se doit de retirer l’obligation aux enfants de suivre le cours d’ÉCR; ce qui libérera de l’espace à l’horaire. C’est à partir de cette espace que la direction de l’école doit présenter une grille horaire qui serait approuvée ou amendée par l’Assemblée générale des parents selon les besoins de la clientèle.

Implication décisionnelle

L’implication décisionnelle favorise la participation, la connaissance du milieu et de la clientèle. Le modèle actuel basé sur le concept de commissions scolaires et de commissaires ne favorise pas autant de latitude. Par exemple, si une école veut prendre le temps qui est consacrée à ÉCR pour augmenter le nombre de périodes en éducation physique à la première secondaire, le nombre de période de français à la deuxième secondaire, ce serait aux parents de se prononcer. Il pourrait être aisément envisageable de voir le nombre de période d’histoire et de mathématique augmenter à la quatrième secondaire pour mieux préparer les élèves aux examens du ministère. Les choix correspondraient alors aux besoins. Ce qui est clair, c’est que l’implication décisionnelle dynamise définitivement la participation des parents à la vie de l’école.

Abolition progressive des commissions scolaires

Pour permettre une intégration efficace de la structure scolaire, il est nécessaire d’abolir progressivement les commissions scolaires. Avec la technologie actuelle (internet, téléphones intelligents, webcam et tout le tralala), nous n’avons plus besoin des commissions scolaires. Avec l’ajout de ressources, les directions régionales du mels actuellement en fonction pourraient assumer une bonne partie du rôle qu’exercent les commissions scolaires. Cette nouvelle dynamique permettrait d’ajouter plus de ressources sur le terrain.

Séparer la pédagogie et la convention collective

Les enseignants ont besoin continuellement d’être mis à jour quant aux nouvelles approches pour avoir un impact déterminant sur les enfants. Pour ce faire, je propose que les syndicats s’occupent des conventions collectives donc tout ce qui touche les congés, les salaires, les conditions de travail mais pas de pédagogie. La pédagogie et l’éthique de travail devraient incomber à la corporation professionnelle des enseignants. Cette corporation pourrait avoir l’autorité de retirer temporairement ou de façon permanente le brevet d’un enseignant incompétent ou moralement inapte à ce poste. La corporation aurait néanmoins comme premier mandat d’assurer une qualité pédagogique chez tous les enseignants, établir les normes et les standards appropriés à chaque niveau d’enseignement.

Volonté politique

De leurs propres aveux, les politiciens sont plus préoccupés par les sondages qu’à bien servir la population. C’est pourquoi, la volonté politique viendra quand la population aura persévéré_ à contacter par téléphone leur député pour faire circuler l’idée là où les décisions se prennent. Ne sous-estimons pas l’impact d’un appel téléphonique. Chaque appel compte parce qu’il mobilise le personnel politique. Plus les parents vont appeler, plus l’appareil politique sera au service du citoyen. Ainsi, si chaque citoyen prenait la peine d’appeler leur député, croyez-moi que les choses bougeraient. Le problème est que trop de gens se laissent inutilement intimider. La volonté politique passe donc par le coup de pouce du citoyen.

Répondre aux besoins

Pour répondre aux besoins des enfants, l’école doit être dynamique et muni des meilleures ressources disponibles. Pour ce faire, nous devons réduire les dépenses inutiles et couper dans les structures. Ces économies d’échelle permettront alors aux élèves de jouir de plus de ressources. En enlevant l’obligation de donner le cours ÉCR aux élèves de la première année du primaire jusqu’à la cinquième année du secondaire, l’école jouirait d’une marge de manœuvre supplémentaire, permettant ainsi aux parents de s’impliquer davantage dans les choix de cours optionnels. Bref, réduire la bureaucratie et les tentacules de l’État permettent aux élèves de recevoir davantage d’encadrement, quel privilège!

Question du jour

Croyez-vous que les structures en milieu scolaire devraient être simplifiées pour favoriser l’implication des parents?

Éric Lanthier, M. Éd.

Ex-membre du Conseil supérieur de l’éducation (1)

1. Les propos parus dans ce présent billet ne représente en aucun cas le Conseil supérieur de l’Éducation, ni de son personnel.

4 commentaires pour Dynamiser le milieu scolaire québécois, réalité d’une volonté politique

  • M. Lanthier,
    Dans votre texte, vous évoquez la simple abolition du cours ÉCR pour libérer du temps dans l’horaire. Dans le domaine du développement personnel du PFEQ, il ne resterait que l’Éducation physique et à la santé. Alors que, selon toute apparence, beaucoup de parents désireraient conserver un programme portant sur les questions de la religion et de la morale, est-ce que vous préconisez d’enlever le cours ÉCR sans autre forme de remplacement dans le curriculum?

  • Monsieur Girard,

    Je mentionne de retirer le caractère obligatoire d’ÉCR. En n’étant pas obligatoire, les parents pourraient avoir la liberté de le remplacer par un autre cours. Le choix devrait varier d’une école à l’autre, selon les besoins et surtout selon le désir des parents.

    Le blogueur!

  • M. Lanthier,
    Quand on regarde ce qui se produit, les écoles cherchent le plus souvent à mettre de côté les cours voués au développement de la personne, voulant assurer plus de temps pour les matières dites «importantes» ou pour des programmes à promouvoir. Ne craignez-vous pas que la part accordé à ce domaine prenne encore moins de place si le Ministère ne maintienne pas l’obligation de remplacer l’ÉCR, s’il y a lieu, pas un cours unique ou optionnel dans le domaine de la formation personnelle?

  • Alexandre D.

    Très belle vision pour des écoles avec de l’avenir: c’est pas une institution qui peut donner du pep à une population, mais la populatino elle-même*.

    *Lorsque l’on investie nous même dans un projet, de un ca aide beaucoup, de deux, on en devient fier, et de trois, on découvre des nouvelles options. C’est pas à rester assis et à dire que tout est pas bon que ça va changer pour le mieu, ca c’est sur!

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