La semaine dernière, l’ex-adéquiste Éric Caire sommait Gérard Deltell de sortir de son amateurisme. En réagissant de la sorte, le député de la Peltrie a démontré qu’il n’a pas d’intérêt réel pour la prospérité du Québec mais que pour lui-même.
Les hauts et les bas de la droite
En 2003, au sommet des sondages, l’ADQ avait le vent dans les voiles mais ce n’est que 4 ans plus tard qu’ils en ont profité. En 2007, l’ADQ est venue tout près de former un gouvernement minoritaire. Le soir des élections, un des stratèges du parti, sous le couvert de l’anonymat, me confiait que l’organisation n’avait jamais pensé marquer autant de points. En 2008, Jean Charest savait ce qu’il fallait faire pour contrer la montée de l’ADQ : déclencher des élections; c’est ce qu’il a fait. N’ayant pas l’aval de l’électorat, Jean Charest voulait non seulement avoir les deux mains sur le volant, son objectif était de faire mourir le parti qui venait de menacer l’alternance du pouvoir. Mort de rire, non seulement Jean Charest a réussi à affaiblir l’ADQ, il provoqua le départ de la principale vedette de ce parti.
Relance difficile
L’ADQ a eu du mal à se relever de cette débâcle. La dernière course à la chefferie en est la preuve. Aurions-nous pu éviter tout cela? La réponse est : OUI! Effectivement si Lucien Bouchard avait décidé de se joindre à l’ADQ lors du dépôt du manifeste des Lucides, l’ADQ aurait formé le gouvernement et le Québec aurait plus de pouvoir. Lucien Bouchard avait toute la crédibilité et la légitimité de mener les troupes de l’ADQ vers une victoire certaine. Son manifeste était un émule du programme de l’ADQ. Comment expliquer que les Lucides n’ont pas voulu appuyer l’ADQ? Encore une fois, ce ne sont pas les intérêts du Québec qui ont pris le devant du pavé. Si l’ex-premier ministre avait pris position, ses aspirations auraient été mises de l’avant; nous serions en train d’abolir les commissions scolaires, nous aurions une économie plus dynamique et une démocratie « redynamisée ». Pourquoi n’a-t-il pas utilisé son capital politique pour attirer des agents de changement? Ainsi son manque d’appui a nuit à l’apogée de l’ADQ.
Éric Caire sur les traces de Lucien Bouchard
Comme dans toute organisation, l’égo est à la source de l’avortement de plusieurs projets, ainsi Éric Caire a lui aussi nuit à la percée de la droite au provincial. Je ne sais pas ce que trame Éric Caire mais ce n’est pas en divisant les troupes que nous allons voir un parti centre-droite prendre le pouvoir. En médisant le chef de l’ADQ, Éric Caire fait non seulement mal à la droite, mais il est en train de jouer son siège. S’il veut garder le respect de ses électeurs locaux, il a intérêt à propager un discours rassembleur.
Prochain chef
Le prochain catalyseur d’une coalition centre-droite devra inévitablement être en mesure de réunir à la fois :
- les conservateurs sociaux
- les nationalistes
- les conservateurs fiscaux
- les libertariens
- les partisans de la démocratie populaire
- des figures publiques de renom
À défaut de mobiliser des figures de ces six champs, les bailleurs de fonds ne seront pas intéressés à investir leur énergie dans un parti voué à l’opposition permanente. C’est pourquoi Éric Caire aurait intérêt à dresser la table pour préparer la venue de gros noms plutôt que de tenter de tasser les adéquistes qui tentent par tous les moyens de revivifier ce parti que Lucien Bouchard a refusé de reconstruire. Quoiqu’il en soit, si Éric Caire y aspire, il a manqué une occasion de se taire.
Question du jour
Qui selon vous peut mobiliser les six groupes mentionnés ci-haut pour mentorer une équipe centre-droite capable de prendre le pouvoir?
Éric Lanthier, M. Éd.
Le blogueur!


Je crois que Michel Kelly-Gagnon a un réseau de contact et sucite un respect de la plupart des groupes cités plus haut. Il pourrait être un élément rassembleur en tant que chef comme en tant que président d’un parti.
L’idée de former un nouveau parti politique au Québec basé sur une tendance à droite est excellente mais extrêmement difficile à réaliser car je pense que nous n’avons pas à date un leader connu qui pourrait en prendre la direction. Je crois que l’espoir d’Éric Caire est un voeu pieux mais qui restera un rêve. Sur un plan plus concret, je suis persuadé qu’au lieu de rester frustré de ne pas avoir été le chef de l’ADQ, Éric Caire agirait de façon plus sage de se rallier à Gérard Deltell à L’ADQ et de travailler avec lui aussi fort dans le même sens qu’il le fait actuellement pour réaliser les idées de droite qu’il véhicule. Je désire rappeler que les valeurs adéquistes sont basées sur des idées de droite mais avant tout pour le bien du Québec.
J’aimerais bien que les Lucien Bouchard, Jacques Ménard, Joseph Facal, Philippe Couillard, François Legault se joignent à l’ADQ et forment une vraie équipe avec Gérard Deltell pour remettre le Québec sur le droit chemin.