Au moment de livrer son premier discours à titre de successeur de Mario Dumont, Gilles Taillon a dit haut et fort qu’il acceptait le verdict avec humilité. Quelle baliverne! Le fait d’ignorer Éric Caire à la direction de l’aile parlementaire nous permet d’en juger l’arbre à ses fruits.
Gilles Taillon a refusé la direction parlementaire à Éric Caire
À peine quelques jours après son accession à la chefferie, il accorde la direction de l’aile parlementaire de son parti à François Bonnardel. N’oublions pas que François Bonnardel est en couple avec la vice-première ministre. Or, Nathalie Normandeau est à la fois une des adversaires de l’ADQ et la conjointe de l’homme de confiance de Gilles Taillon. Tout pour rassurer les militants.
Analyser l’histoire
Rappelons-nous la course à la chefferie de l’Alliance Canadienne au tournant du millénaire. Stockwell Day est devenu chef de son parti en succédant à Preston Manning, son principal adversaire. Pour préserver l’unité, en bon joueur, Monsieur Day décida de garder autour de lui plusieurs supporteurs de Monsieur Manning. Malgré l’altruisme du chef, cette décision s’est avérée être une erreur stratégique. Stockwell Day n’a pas cessé de se faire attaquer. Monsieur Day a rapidement appris de cette erreur et cela ne l’a pas empêché de battre Stephen Harper au Québec lors de la course qui a suivi cette crise. Aguerrit, Monsieur Day est devenu un des piliers du gouvernement Harper et un des ministres les plus solides.
Apprendre de l’histoire
Ce qui est différent entre cet épisode et la celui qui nous concerne, c’est que l’ADQ n’est ni une menace pour le gouvernement, ni pour l’opposition officielle. À l’époque, l’Alliance Canadienne avait le vent dans les voiles, à un point tel que Jean Chrétien a décidé de déclencher des élections hâtives pour lui couper l’herbe sous les pieds. Aujourd’hui, le parti de Gilles Taillon ne jouit pas de la popularité obtenue par l’Alliance Canadienne à l’été 2000. L’ADQ n’est à peine l’ombre d’elle-même.
Erreur monumentale
Dans le contexte qui nous concerne, Gilles Taillon a tout intérêt à préserver l’unité en montrant des gestes d’humilité. Il ne peut se permettre de se mettre à dos les supporters d’Éric Caire. En plaçant Éric Caire à la direction de l’équipe parlementaire, Gilles Taillon aurait démontré qu’il est un rassembleur. Or, dans ce cas-ci, le discernement brille par son absence. Serait-ce que Gilles Taillon vit le syndrome de la grenouille? Se croit-il au-dessus de la mêlée en prétendant être prêt à se priver de l’appui des supporters d’Éric Caire? Chose est certaine, il a pris une très mauvaise décision. Cette décision risque d’avoir des répercussions assez solides.
Incompétence ou erreur stratégique
La question que nous devons nous poser est la suivante : Est-ce que Gilles Taillon veut provoquer la mort de l’ADQ? Il nomme le conjoint d’une adversaire à titre de chef de l’aile parlementaire et écarte celui qui a intérêt à devenir son allier. La grogne est à la hausse dans les rangs de l’ADQ alors que le nouveau chef devrait incarner l’espoir. Tout est là pour activer l’euthanasie du parti de Mario Dumont. Cette erreur stratégique est-elle reliée à l’incompétence du chef, à son manque d’humilité ou à un manque de jugement? À mon avis, toutes ces réponses sont bonnes.
Qu’en pensez-vous?

salut Eric
Je crois que nous avons tous été décu de l’élection de André Taillon. Tu as raison sur sa décision en ce qui concerne Eric Caire. Il a tout simplement dit: I dont « caire ». On dirait que ses années ci, les partis se retrouve avec le mauvais chef avant d’en avoir un bon. Stéphane Dion; André Boisclair et maintenant c’est au tour de l’ADQ….. vive le prochain chef de l’ADQ !
Gaëtan
Bonjour M. Lanthier, oui bien sûr Gilles Taillon a fait un mauvais mouvement (un mauvais move en aglais). Erreur de jugement flagrante.
Maintenant, suite à cela, ce qui arrive, c’est que certains médias qui n’affectionnent pas l’ a d q en profitent pour déverser leurs exagérations. Ces médias vont donc ensuite essayer d’éteindre l’ a d q complètement pour mieux promouvoir la pensée unique étatique même si elle est souvent véhiculée par des politiciens de type «carriéristes» sans contenu ni vision et ne suivant que ce que les médias libéraux socialement leurs disent comment penser.
Exemple quand un média important commence à dire «l’euthanasie est une chose qu’il faut légaliser», les politiciens libéraux vont suivre la pensée unique avec le moins de débat que possible. «Ça va plus vite comme cela et il y a un bon rendement de nouveaux points au gouvernement» se disent-t-ils. C’est un «pseudo-progressisme». Le mot progressiste ayant été usurpé dans sa définition par des libéraux sociaux.
Donc les médias souverainistes et de gauche par exemple en profitent pour caller encore plus l’ a d q . De mon côté,
j’ai écrit aujourd’hui à une émission de télé dans laquelle on demandait si l’ a d q a-t-elle encore sa place ?
Voulant parler du fondement même de l’ a d q , et non pas des circonstances reliées à Gilles Taillon ou autre, j’ai envoyé le texte suivant à l’émission (et ils ne l’ont pas lu sur les ondes):
Oui, l’ a d q a vraiment encore plus sa place de nos jours. Même si certains veulent nous faire croire que l’étatisation complète de gauche est toujours la solution, plusieurs gens pensent le contraire ex.: travailleurs autonomes, ceux qui croient à la liberté de parole, de conscience et de débattre : tous ceux là seront biens servis par un Parti au pouvoir du type de l’ a d q.
Exemple : laisser plus de place (toute la place qui leur revient) aux parents dans le projet éducationnel de leur enfant.
-Même si le chef de ce navire a fait une coche mal taillée,
j’ai essayé de faire «sauver les meubles» donc «la structure de base du navire» par mon commentaire envoyé à cette émission. Vous avez peut-être deviné que je suis un militant!
La crise du partie ne démontre encore une fois qu’une chose, ce parti ne s’est pas remis du départ de sa figure de proue. C’est la déroute et les jeux internes qui se sont installés n’ont été que le reflet d’une dépendance à outrance à une personnalité trop forte de M Dumont. Une décentralisation de l’attention sur un homme qui a mis en exerbe les « anguilles sous roche » qui n’attendaient que sont départ pour se transformer en « cage à crabes ». Ce n’est qu’une question de temps pour que le tout s’effondre!
«C’EST PAR UN SEUL HOMME QUE CE PARTI EST NÉ…ET QU’IL EN MEURT»
Il y a des « chicanes de familles » qui réparent, construisent et édifient de façon étonnante parfois. D’autres qui finissent en gangraine et qui tuent. Ce parti vient de sonner le glas de son avenir avec le départ des forces vives de l’entourage des Caire, Picard et Lévesque (celui-là même qui s’affichait contre une imposition du cours ÉCR) affichant du même coup ce qui semblait faire la fierté de la composante même de la deuxième lettre de son acronyme. Le « D » devra maintenant se prononcer « T » pour ceux et celles qui savent « lire » entre les lignes de ce qui se passe en politique. On devra d’ailleurs aussi conjuguer ce « T » comme « Taillader » (déf:faire des entailles); ce parti en se tailladant ainsi à la vue de tous, fait un spectacle désolant à la vue de la population. C’est connu, «Une maison divisée contre elle-même, ne peut subsister» a déclaré la Bible. Et c’est ce qui arrive.