
Drapeau du Saguenay-Lac Saint-Jean Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_du_Saguenay%E2%80%93Lac-Saint-Jean
Les Montréalais croient que tout le monde pensent comme eux et qu’ils vivent les mêmes réalités. Dès que l’on sort de la région métropolitaine, on se rend compte des différences. Le Québec aurait intérêt à bénéficier de l’apport des régions; pourquoi n’en profite-il pas? Explicable, mais complexe… Il y a moyen d’ajuster le tout, si la population s’en mêle, évidemment!
La qualité de vie en région
Je suis né à Montréal mais mes enfants sont nés au Saguenay. Ceux-ci ont vécu leur enfance dans une ville à 30 secondes des champs de framboises, à 1 minute de la rivière, à 5 minutes du centre de ski, à 5 minutes de la piste cyclable, à 10 minutes d’un flanc de montagne, à 10 minutes de la forêt et à 15 minutes d’un centre d’achat. C’était la belle vie à moindre coût. Fait intéressant, dans les régions, les gens ne perdent pas leur temps à voyager pour aller travailler. Lorsqu’un employé doit voyager plus de 15 minutes pour se rendre à son travail, il déménage; fini les embouteillages! Là-bas, les commerces ferment la semaine à 17 h 30 et les gens ont 90 minutes pour dîner. Outre ceux qui travaillent en usine, plusieurs employés ont le temps d’aller dîner à la maison; différent de la région métropolitaine, n’est-ce pas?
Est-ce que l’État se préoccupe des régions?
C’est lorsque l’on vit en région qu’on se rend compte que les décisions de nos gouvernements viennent d’une mentalité métropolitaine, comme si tout le monde pense comme les gens de la grande région de Montréal. Hors, c’est faux! En région, tout le monde se connaît, on ne barre pas nos portes, on n’appelle pas avant de visiter un ami, on passe et on repart après avoir mis notre placotage à date. Puisque la vie est si différente en région, pourquoi l’État nous impose-t-il un modèle unique? Prenons par exemple la « déconfessionnalisation » des écoles. Lorsqu’il était temps d’enlever des pouvoirs décisionnels aux parents en milieu scolaire, on nous disait qu’il fallait procéder de la sorte parce que la situation à Montréal était ingérable. Premièrement, c’était faux. Le programme d’Enseignement Moral et Religieux Protestant (EMRP) faisait le travail. Une fois implanté dans les centres multi-ethniques, ce programme aurait régler le problème de Montréal. Effectivement, ce programme satisfaisait l’ensemble des parents non Catholiques de la région métropolitaine. Le problème, c’est que l’État ne voulait pas faire la promotion de ce programme. Il a préféré l’abolir, enlever tous les droits confessionnels des parents et endoctriner tous les enfants du Québec par un cours d’Éthique et culture religieuse (ÉCR). Or, pendant que l’appareil « fonctionnarial » convainquait le gouvernement que le système confessionnel ne fonctionnait pas, les régions exclusivement chrétiennes de souche ne vivaient aucun de ces problèmes. Quand a-t-on vu dans les journaux, à la fin des années 90 un problème d’accommodements raisonnables en Abitibi, en Gaspésie ou en Beauce? Or, l’État a décidé d’enlever à tous les parents Québécois, leur droit d’avoir des écoles confessionnelles subventionnées, leur droit d’inscrire leur enfant à un cours d’enseignement religieux chrétien ou de leur choix et leur droit d’avoir recours à des services d’animation pastorale. Au lieu de mieux gérer la problématique à Montréal, l’État a préféré enlever les droits confessionnels à tous les parents du Québec. Encore une fois, les régions ont payé le prix au profit d’un groupe d’idéologues. Une fois de plus, l’État ne s’est pas préoccupé des régions, il a opté pour la dimension idéologique et non pour la logique. Il préfère endoctriner nos jeunes dans le multiculturalisme que de dynamiser le pouvoir de ses concitoyens.
Dynamiser la société civile
Pour que le Québec puisse prospérer sur le plan social et économique, l’État a intérêt à dynamise l’implication des citoyens. Pour cela, il doit décentraliser ses pouvoirs. Cela veut dire une meilleur représentativité des régions à l’Assemblée nationale, l’abolition progressive des Commissions scolaires, plus de pouvoir aux parents en milieu scolaire puis une valorisation de l’implication des groupes communautaires, des Églises et des communautés religieuses. À défaut, l’État va prendre plus de contrôle, plus d’argent dans nos poches, pire que cela, il formera une génération inerte et dépendante. Ce n’est que par l’implication de la société civile que les choses vont véritablement changer… Mais cela n’en dépend que d’une poignée d’irréductibles qui résisteront à l’envahisseur.
Question de la semaine?
Comment l’État pourrait s’y prendre pour dynamise le pouvoir des régions?
Éric Lanthier, M. Éd.
Le blogueur!
